Certaines personnes aiment se mêler et s'emmeler dans la vie des autres.
Pour oublier la leur, la pimenter ou se noyer dans ce flots de sentiments abrupts.
Qu'importe.
Je me souviens d'une fille au collège qui persistait, malgré ma face bubonique purulente, à vouloir me caser à tout prix.
En imaginant des stratagèmes dignes d'une intrigue parsemée de suspens et de rebondissements que même les télétubbies, précurseurs de la Tektonik, n'aurait rien à envier.
Et sa copine la regardait, et lui disait, avec cet accent chantant du Sud qui me manque tant :
"Oh, la vérité, mais t'yest une agence matrimoniale, ma parole hein!"
Et bien cette fille a été relayée aujourd'hui.
Par le Mec des Services G. de B.
Drôle de remplaçant.
Et tout ça parce que j'ai osé faire une réflexion sur le gars, qui a un trés joli piercing sur l'arcade sourcilière soit dit en passant, et qui vient réparer la climatisation de temps en temps.
Réflexion anodine, du genre :
"Je le croquerais bien celui-là."
ou, dans un style plus recherché et léger :
"J'aimerais bien me faire décapsuler."
(Merci essai numéro 1).
Bref, que le mec des services G., que nous apellerons Robert, ne m'a pas prises au mot!
Depuis Lundi, il a fait revenir tous les jours, pour des motifs factices, Mister Piercing pour des problèmes de clim (soi-disant), se débrouillant même pour le faire bosser à côté de moi.
C'est limite s'il ne saccage pas la pauvre cage d'aération le soir, pour le faire venir le lendemain.
Cet élan motivé m'a fait un peu peur je crois.
Il venait me demander, aprés départ de la cible, comment c'était passé ces rencontres arrangés, aussi excité qu'un fan de Pete Doherty coincé dans un eurostar pendant plus de 6 heures.
Et il semblait encore plus déçu que moi quand je lui disais, d'un air morne et vague :
"Oh, ben pas grand chose hein..."
Car mister piercing ne semble guère intéressé, il est vrai.
J'ai même limite plus envie de faire des efforts pour Robert qui semble mettre en jeu la vie de toute sa famille en tentant de nous faire rencontrer, que pour moi-même.
Vivre sa vie par substitution.
Mais la vivre vraiment.
