dimanche 1 février 2009

J'ai cru que j'allais mourir


Rectification.

Je voulais mourir, parce que j'avais tellement mal, que j'en avais "Pu rien à fout' ! "

Tout a commencé après une soirée bien arrosée, nous étions en train de nous faire digérer par le canapé, et c'était très bien.
On s'est même dit qu'on allait se faire un karaoké, histoire de chanter du Cloclo jusqu'au dernier métro.
Après une tentative de repoudrement de façade, j'ai titubé vers les toilettes (je sais, j'ai trop la classe) en disant :

-"Attendez, les mecs, je fais pipi et je prends ma pilule du mardi et on y va."

- "On es samedi."

- "Hé merde. Bon. J'en prends 4 pour rattraper le retard."


Et, descendant gracieusement mon postérieur afin d'honorer les toilettes, je sens une espèce de douleur qui me prend à l'intérieur.

Je fais 3 gouttes de pipi.

J'ai faillit hurler.
Ce n'était pas 3 lames de rasoir, c'en était des millions, qui me déchiraient le bas ventre, me brûlant littéralement mes pauvres petites ovaires qui gémissaient : "Je fonds ! Je fonds !"
Je me suis dit, non, impossible.

J'ai mordu dans mon poing. J'ai remonté mon pantalon, et j'ai suivi mes amis.

Juste avant d'arriver au métro, la douleur revient, me prend par le bas ventre, plantant ses crocs et le secouant dans tous les sens.
Là, je manque de tomber.
Mes deux amies me soutiennent.
Je leur dis combien j'ai mal.
Elles me disent qu'il faut rentrer.
Je leur dis que je n'y arriverais pas, qu'elles peuvent me laisser derrière une poubelle pour la nuit, et qu'elle me récupère demain.

Elles me disent de me taire, de m'appuyer sur elles.

Je me retenais de hurler dans la rue.
Je crois que j'ai quand même crié très fort que j'avais mal à la chatte (pardon génitrice).

On es passé devant un groupe de gens qui pensaient que j'étais bourré. Ils avaient à moitié raison. Parce que bourrée, je l'étais. Mais si je n'arrivais plus à marcher, c'était à cause de cette putain de douleur atroce.

Là, il a fallut remonter les 5 étages.

J'en pleurais, disant que je n'y arriverais pas, impossible. Laisse moi sur le palier s'il te plaît.
Non, tu vas y arriver, regarde plus que 4 étages, allez.
Je sentais plus mes pieds.
Je tremblais.
A chaque pas, les vibrations remontaient le long de ma jambe pour titiller la douleur.
Horreur.

Nous arrivons enfin.

J'avais l'impression de ne pas avoir pissé depuis 10 ans.
Je m'assois, et les mêmes trois gouttes de l'enfer se font une joie de me torturer.
Je n'en peux plus.

Mes amies me portent, m'allongent.

Je me retrouve avec un sac FNAC rempli d'eau chaude sur le bas ventre, bouillotte faite maison.

Du thé dans une main (pour pisser).

Un pétard dans l'autre (pour me détendre).

Et les mains de mes amies sur mon front, sur mes mains, sur mon visage.
Qui me disent des "Chut, calme toi, ça va aller".
Je pleurais pour deux raison.
La première, j'avais mal, et je voulais mourir pour ne plus rien ressentir.
La deuxième, pour ces mains rassurantes, qui étaient là, tout simplement.

Je sentais mon coeur qui se gonflait, plus que de la reconnaissance.

Je n'étais pas seule.

"C'est tellement précieux", m'a dit coloc' révolutionnaire ce matin.

J'arrêtais pas de dire merci.
Elles me disaient des "arrête, c'est normal".
Je ne sais pas si c'est normal.
Mais en tout cas, j'étais plus qu'heureuse de les savoir près de moi, à l'un des pires moment.

C'est ça, le truc avec la douleur.
Quand tu souffres, tu te rends compte à quel point c'est bon de ne pas souffrir.
Que la vie de tous les jours, sans maladie, sans douleur, est une bénédiction.
Une fois que ça passe, tu oublie ce que c'était.

Et tu ne t'imagine plus le soulagement que tu as ressenti, lorsque ça s'est arrêté.
Enfin.

4 commentaires:

Cocolamouk a dit…

Et t'as eu ça à cause de quoi???

Cédric a dit…

La fin de ton article est très belle.
Ne pas être seul, oui, c'est très précieux.


PS :
"elles peuvent me laisser derrière une poubelle pour la nuit, et qu'elle me récupère demain."
Juste énorme. J'ai éclaté de rire.

Mathilde a dit…

Je compatis à ta douleur ma belle : j'en ai eu deux à moins de trois semaines d'intervalle... Pfiou ! L'horreur !

Très belle fin d'article, effectivement. Elles sont précieuses, prends - en soin.

l. a dit…

Coco : je bois pas assez. D'eau.

Cédric : oh oui... C'est quand t'es au fond que tu t'en rends compte.

Mathilde : Oui. Même si des fois, je fais de grosses erreurs, j'essaye de montrer que je tiens énormément à ces filles..

Benvenuto

Une bière gratuite offerte pour chaque
visite.

Non, jdéconne toujours hein...