jeudi 4 septembre 2008

Traquenard



Avec internet, tu peux :

- Retrouver tes amis d'enfance,

- Faire semblant que vous êtes toujours copains comme cochons,

- Avoir 1057 amis, sauf qu'environ 99% de ces "amis", tu sais même pas qui c'est,

- Régler tes comptes...

Oui, oui, très cher.

Tu te souviens de Mathias Lebrun qui avais soulevé ta jupe devant tout le monde et qui s'était moqué de ta culotte parce qu'il y avait un canard avec une casquette rose dessus en CM1 ?

Et bien tu tapes son nom, tu le retrouve dans un site quelconque, et c'est parti.

Sauf que là, c'est à moi qu'on est venu demander des comptes.

Coup de théâtre!

Car je ne suis pas une blanche colombe immaculée.

Non, j'ai les ailes boueuses et lourdes qui m'empêchent de voler trop haut.

Alors voilà.

J'accepte un ami de longue date sur Facebook, qui m'envoit aussitôt un message qui commence par :
" Enfin, aprés toutes ces années, je te retrouve..."

Là, je me dis : chouette. Une demande en mariage. Ou une déclaration du moins.

" Tu m'avais fait quelque chose qui m'avait traumatisé quand on était en CM1, et je m'en suis jamais remis."

Uh?

"Alors, maintenant je t'ai retrouvée aprés tout ce temps ! Ahahaha! A cause de toi, je ne dors plus la nuit !"

Oh... Mon... Dieu...

"Voilà, j'espère que t'es contente... Allez salut."

Mais...Mais...Mais...

J'étais sur les fesses. Normal, étant assises, j'aurais dû mal à être sur mes lobes d'oreilles.

Et surtout, je ne savais pas du tout de quoi il parlait.

Pourtant, je me souvenais bien de lui, du fait qu'on était dans la même classe.

Mais de l'avoir traumatisé...
Merde..
Qu'est ce que j'ai bien pu lui faire?
Ben, je lui ai posé la question.

J'attends sa réponse.

Je suis légèrement anxieuse quand même hein.
Parce que s'il me sort un truc du genre : Tu as coupé mon petit doigt lors d'un jeu cap pas cap, et que j'ai occulté cet évènement traumatisant de ma mémoire...

Bon, ben je lui enverrais des fleurs.
Au pire.

3 commentaires:

Cédric a dit…

Et oui. Maintenant quand tu veux parler de tes vrais amis, tu dois préciser : "c'est un ami, au sens pré-facebook du terme."

liliiom a dit…

Cédric : Mais dans quelle société on vit hein...
J'ai même lu quelque part que tu pouvais payer un verre à quelqu'un par texto, genre je suis pas là, mais je te paye un verre quand même.
C'est bizzare, parce que plus on développe des réseaux de communication, plus on se doit d'être joignable 24h/24 avec les téléphones portables, internet, les blackberry...
Et plus on a jamais été aussi loin les uns des autres.
Paranoia paradoxale.

Cédric a dit…

J'aime bien l'allitération "paranoia paradoxale" mais je ne suis pas sûr de saisir son sens dans le contexte.
Tu parles de "paranoia paradoxale" dans le sens où :
- on cherche à tjrs avoir un potentiel moyen de contact (par peur d'une urgence par exemple) avec les autres, malgré la distance physique
- dans le même temps, on instaure une distance "psychique" (terme sans doute mal choisi) par peur sécuritaire
?

Benvenuto

Une bière gratuite offerte pour chaque
visite.

Non, jdéconne toujours hein...